L’îlot de chaleur

Pour comprendre l'importance de l'effet « d'îlot de chaleur urbain (ICU) » dans la mesure de la température de la terre, il est nécessaire de savoir comment sont effectuées lesdites mesures...

Mesurer la température de l’air

Mesurer la température de l’air depuis l’invention du thermomètre est facile. Il suffit de regarder l’aiguille sur un cadran ou le niveau de liquide dans le tube de verre face aux graduations sous-jacentes et de les reporter sur un papier. 🙂

La précision de lecture (graduation, défaut de parallaxe, myopie de l'opérateur) et celle du calibrage de l’instrument vont déterminer l'incertitude de la mesure. Les erreurs d’écriture vont rajouter d’autres incertitudes aléatoires. Mais qu’en est-il de la justesse de la mesure et comment être sûr qu’elle représente bien la température de l’air ?

Exemple d'écran Stevenson utilisé par Météo-France

L'écran Stevenson

C’est à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle que les thermomètres vont être placés dans un abri ou écran « Stevenson » de façon à ce que la température mesurée soit effectuée à peu près dans les mêmes conditions partout. L’Organisation Météorologique Internationale est crée en 1873. En 1951, elle deviendra l’ Organisation Météorologique Mondiale (WMO), une agence de l’ONU.

Lors de la mesure de la température, les thermomètres doivent être protégés des rayonnements solaire et de ceux en provenance du sol. l’abri ne doit pas avoir une trop grande masse calorique et doit être ventilé pour que l'air de l'intérieur représente bien l'atmosphère extérieure. La ventilation latérale est assurée par des persiennes et chaque abri a une cheminée qui évacue l'air par convection. Pour limiter l'absorption de rayonnement solaire, l'abri météorologique est peint en blanc.

Ecran Stevenson - coupe

L’abri météorologique doit être installé dans un lieu sans obstacle, couvert d'un sol naturel représentatif de la région pour être en classe 1 ou 2 au normes WMO. Il doit respecter une certaine distance par rapport aux sources de chaleur/froid parasites et doit avoir un entretien et contrôle régulier.

WMO Station classe 1
https://www.apocalypse.60n.eu/wp-content/uploads/2018/04/wmo_guide-des-instruments_fr.pdf

Mais l’air qui circule dans l’abri entre en contact pendant un temps fini avec la paroi extérieure et sa température peut en être modifiée. Ce phénomène devient important lorsque le vent est faible et que la température de la paroi extérieure de l’abri est très différente de celle de l’air ambiant. La température de l’air à l’intérieur d’un abri tend à être supérieure à la température réelle de l’atmosphère par fort ensoleillement et temps calme (+ 2,5 °C), et à  être légèrement inférieure les nuits où le ciel est clair et le temps calme (– 0,5 °C). D’autres erreurs peuvent se produire à cause du refroidissement dû à l’évaporation à partir d’un abri mouillé après la pluie (WMO).

Jusqu’au début des années 1980, il y avait deux thermomètres pour mesurer la température, un thermomètre à minima à alcool et un thermomètre à maxima au mercure (graduations de 0,5 °C, quelques rares à 0,2 °C). L’opérateur relevait la température minimum et la température maximum chaque jour. S’il n’y avait qu’un seul relevé par jour, il devait être effectué le matin, à la même heure locale toute l’année et en dehors des minimums (en général au levé du soleil) et maximums (vers 15 heures au soleil).

La mesure de la température s'effectue maintenant avec une sonde thermométrique normalisée à résistance de platine (norme EIT1990). La gamme de mesure de la température de l'air en France est de - 30 à + 50 °C et l'incertitude de mesure max est toujours de 0,5 °C, incertitude garantie par Météo-France !

Avec les turbulences thermiques, la température de l’air varie en permanence d’un à deux degrés en l’espace de quelques secondes. Les thermomètres à alcool ou à mercure ont un coefficient d’inertie assez important si bien qu’ils lissent les fluctuations rapides de même que la ventilation plus ou moins forte. Les sondes thermométriques ont une inertie très faible ce qui impose de prendre la moyenne de plusieurs relevés pour obtenir une valeur représentative.

Hokitika Aero minimum-maximum anomalies - Modification non "ajustée" du système de mesure de la température

Tout changement de système de mesure n’est pas anodin car il occasionne une rupture dans les séries de températures. Je ne connais pas la cause pour l’aérodrome d’Hokitika qui n’a pas « ajusté » ses mesures mais l’exemple est frappant ! La méthode de calcul WMO de la moyenne de la température journalière est la demi-somme des températures min et max. Une modification de la lecture des maximum et minimum induit une modification de la moyenne journalière qui se répercute sur la moyenne mensuelle et annuelle.

La précision de la mesure

Avec tous les détails donnés ci-dessus, vous voyez que la précision de la mesure est « garantie » à ± 0,5 °C quel que soit le système utilisé et surtout que la correspondance avec la température réelle en fonction du vent et de l’humidité de l’air peut très largement  dépasser les ± 1 °C même quand l’abri météo est aux normes 1 ou 2 du WMO. Quelle est la vraie température quand les instruments n’ont pas été régulièrement étalonnés ou quand l'implantation de l’abri ne respecte pas les normes comme ci-dessous ?

Qualité des stations USHCN - Université d'Arizona
http://surfacestations.org/Fall_etal_2011/fall_etal_media_resource_may08.pdf

Il y a tellement de stations météos qui ne respectent pas les normes du WMO que des vilains climato-contestataires ont remis en question la validité des calculs sur l’évolution de la température de la Terre depuis 1850, le début de l’ère industrielle. Les modèles d’ajustement automatiques mis en place par le GISS (NOAA) et le Met Office pour compenser « les inhomogénéités » des mesures sont encore plus suspects car ils ne « refroidissent » que les températures du passé trop chaudes (par exemple celles des années 40) et pas les autres et toujours dans le bon sens de la doctrine officielle. Mais ceci est une autre histoire…

Statistiques de qualité des stations USHCN d'après le standard de qualité du WMO
https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1029/2010JD015146

Au USA, le NOAA a mis en place au début des années 2000, le « réseau américain de référence sur le climat (USCRN) ». Ces stations utilisent des instruments de « haute qualité » pour mesurer la température, etc. Le but du programme USCRN est de fournir une série continue d'observations climatiques non contestable.

Le réseau américain de référence sur le climat

Pour mesurer la température, ces nouvelles stations automatiques réparties sur le territoire des USA n’utilisent plus d’abri Stevenson mais un système de triple sondes à air aspiré. Ce système est réputé plus juste grâce à sa ventilation forcée, bien que dans de rares circonstances, cela occasionne des mesures erronées. Météo-France utilise très rarement la ventilation forcée, car cela nécessite une source d’énergie… et c’est trop cher !

Station USCRN type
https://www1.ncdc.noaa.gov/pub/data/uscrn/documentation/site/photos/stationsbystate_hires.pdf

Quelques stations sont doublées voire triplées pour assurer une totale disponibilité des mesures H24 J7/7 (site de lancement NASA) ce qui évite la perte de données pendant les entretiens des stations par exemple. À la suite de la lecture d’une publication scientifique récente ventant les mérites de ces nouvelles stations et d’une critique lue sur le « vilain site » 😉 d'Anthony Watts, tel un Saint Thomas paranoïde, j’ai décidé de vérifier par moi-même cette critique éhontée sur la qualité des mesures de températures des deux sites USCRN appariés de l’Université de Rhode Island…

Les deux stations USCRN de l'Université de Rhode Island
Université de Rhode Island (Plains Road Site) - Station RI Kingston I NW
Université de Rhode Island (Peckham Farm Site) Station USCRN RI Kingston I W

Et miracle de Big-Brother, grâce à Skynet Google, notamment Google Earth Pro, j’ai pu remonter le temps et regarder si depuis la création de ces deux stations, il y avait eu des changements dans l’environnement de celles-ci. Les photos issues de Google Earth sont à haute définition, cliquez dessus pour plus de détails.

Et là re-miracle, l’un des sites, « Peckham Farm Site » situé au milieu de champs n’a eu comme changements que les saisonniers, ceux de la culture et du labourage des champs. Par contre pour « Plains Road Site », ce n’est pas la même histoire !

Université de Rhode Island (Peckham Farm Site) W - Photo Google Earth 04/2001, avant l'installation de la station USCRN
Université de Rhode Island (Peckham Farm Site) W - Photo Google Earth 03/2003
Université de Rhode Island (Peckham Farm Site) W - Photo Google Earth 08/2016

Comme vous pouvez le constater sur la série de photos suivantes, si le site de Plains Road respectait à peu près les normes du WMO au début de sa création (qualité 2) en 2001, ce n’est plus le cas aujourd’hui ! Et c’est là tout l’intérêt de ce double site : il est possible de comparer l’effet des modifications environnementales sur le mesure de température et surtout les variations entre deux sites situés à 1,4 km l’un de l’autre et quasiment à la même altitude (± 3 m).

Quand le GISS et le Met Office affirme que l’on peut extrapoler la température moyenne de la Terre à partir de quelques sites répartis sur la surface du globe dont très peu au niveau des océans qui représentent pourtant 71 % de la superficie totale de la terre, et très peu également en Afrique, en Arctique et en Antarctique, il a comme un Schmilblick ! Mais revenons aux stations…

Université de Rhode Island (Plains Road Site) NW - Photo Google Earth 04/2001, avant l'installation de la station USCRN

Plains Road Site, le 04/04/2001 avant l'installation de la station USCRN. les champs sont ouverts autour du futur site mais il y a une serre proche et un petit bâtiment au sud.

Université de Rhode Island (Plains Road Site) NW - Photo Google Earth 04/2003

04/2003. Le capteur de température est à 50 m d'un chemin de terre, à 40 m de la serre, à 80 m du petit bâtiment et de son petit parking goudronné et à 130 m d’une route. Il y un un grand parking à 200 m à l'est à la place des champs ouverts.

Université de Rhode Island (Plains Road Site) NW - Photo Google Earth 07/2007

07/2007 le parking a été étendu à moins de 170 m de la station.

Université de Rhode Island (Plains Road Site) NW - Photo Google Earth 04/2012

04/2012 Trois nouvelles serres ont été installées à moins de 20 m des capteurs de température !

Université de Rhode Island (Plains Road Site) NW - Photo Google Earth 09/2014

09/2014. Une nouvelle route a été construite à 60 m et une extension supplémentaire du parking se situe maintenant à 90 m de la station. La première serre isolée a été enlevée pour faire place à la route, mais les trois autres restent et il y a un nouveau bâtiment à 50 m et deux nouvelles serres (40 et 70 m). Un nouveau chemin de terre apparaît à 5 m des capteurs de température.

Université de Rhode Island (Plains Road Site) NW - Photo Google Earth 08/2016

08/2016 Pas de changement apparents.

Les mesures de températures des 2 sites

Les deux principaux critères d'implantation des stations USCRN sont la représentativité spatiale du climat régional et la stabilité temporelle. Les sites ne doivent pas avoir de changement majeur lié à humain. Peckham Farm répond assez bien à ces deux critères, malgré les différentes cultures saisonnières autour du site qui sont liées aux activités humaines. Plains Road échoue totalement sur le deuxième point.

Sur le site du NCDC (NOAA) il est possible de télécharger les données mesurées sur les différentes station du réseau USCRN. J’ai donc compilé les datas des stations de Kingston W (Peckham Farm Site) et Kingston NW (Plains Road Site) de l’Université de Rhode Island. Source des datasets contrôlées de qualité 🙂

Il est possible d'avoir pour chaque site, la moyenne de la température des 5 minutes (à partir de 2009), des heures, jours et mois depuis le début. Les capteurs de température co-localisés font des mesures indépendantes toutes les 10 secondes qui sont utilisées pour donner la moyenne.

Les moyennes sont données au 0,1 °C près mais je n'ai pas trouvé sur la page, la précision des capteurs. L'incertitude d'une moyenne est égale à la moyenne des incertitudes. Si la précision des capteurs est garantie à ± 0,5 °C, une moyenne fournie au 1/10eme ne sera pas plus précise pour autant. Par exemple 12,6 °C pour une moyenne indique que la température est comprise entre 12,1 °C et 13,1 °C !

Les trois capteurs distant d'un mètre ne mesurent pas simultanément le même volume d'air aspiré qui peut varier d’un à deux degrés en l’espace de quelques secondes à cause des turbulences thermiques. Ce serait à mon avis très limite d'oser calculer l'écart type afin de justifier d'une réduction de l'incertitude des moyennes de température données par ces trois capteurs.

Comme il est précisé sur la page  du NCDC-NOAA, les données ont subit un contrôle de qualité ! « Les données calculées sont montrées seulement si une quantité suffisante de données source réussit ses tests de contrôle de qualité; sinon, ces valeurs sont définies sur une valeur manquante ». Nous sommes donc rassuré. J'en ai fait de même dans mes calculs de moyennes de saisons et annuelles. Si une donnée manquait, je n'ai pas effectué les calculs...

Écart des températures mensuelles maximum, minimum et moyenne entre Kingston NW et W

J'ai tout simplement commencé à soustraire les moyennes mensuelles du site W (Peckham Farm) de celles du site NW (Plains Road). Et là surprise !

Il est évident que les données antérieures à janvier 2006 sont à la ramasse. En regardant  de plus près les données journalières de 2005, le soupcon de capteurs défaillants est totalement justifié. La question qui se pose c'est : il est où est le contrôle de qualité ?

Malgré le "contrôle qualité", les données des capteurs défaillants sont toujours là !
https://www.apocalypse.60n.eu/wp-content/uploads/2018/04/CRND0103-2005-RI_Kingston.ods

Pendant l'année 2005, il a de nombreux écarts de 3 à 4 °C et le standard est de l'ordre de 2 °C. C'est quand se produisent des écarts de 10 °C que le NCDC réagit, mais il n’efface pas toutes les mesures aberrantes. On voit qu'à partir de décembre, les écarts sont inférieurs à 1 °C, ce qui semble plus normal pour deux sites hors ville situés à 1,4 km l'un de l'autre et mesuré avec des supers capteurs !

Maintenant, il est intéressant de savoir si il y a des différences de mesure en fonction des saisons et surtout si cela a un impact sur la qualité de la mesure de la tendance climatique actuelle d'augmentation de la température terrestre.

Moyenne Hiver - Kingston NW et Kingston W
https://www.apocalypse.60n.eu/wp-content/uploads/2018/04/CRNM0102-RI_Kingston.ods

Sur ce premier graphique de la moyenne des hivers (décembre de l'année précédente - janvier - février), si on exclue 2006 et antérieur (décembre est 2005) on voit que progressivement le décalage de 0,1 °C s’accroît progressivement en fonction des travaux sur Plains Road jusqu'à 0,3 °C aujourd'hui.

Moyenne Printemps - Kingston NW et Kingston W
https://www.apocalypse.60n.eu/wp-content/uploads/2018/04/CRNM0102-RI_Kingston.ods

Au printemps, l'effet du « bétonnage » semble plus efficace à partir de 2013 (ajout de 3 serres) et encore plus à partir de la construction de la route à 60 m en 2014 (0,3 °C à 0,4 °C).

Moyenne Été - Kingston NW et Kingston W
https://www.apocalypse.60n.eu/wp-content/uploads/2018/04/CRNM0102-RI_Kingston.ods

En été, l'effet « îlot de chaleur urbain » qui pointait son nez au printemps apparaît dans toute sa splendeur, avec 0,5 °C d'écart !

Moyenne Automne - Kingston NW et Kingston W
https://www.apocalypse.60n.eu/wp-content/uploads/2018/04/CRNM0102-RI_Kingston.ods

A l'arrivé de l'automne, « l'îlot de chaleur urbain » est toujours actif, avec 0,4 °C d'augmentation de température à cause de l'urbanisation humaine de cette zone de campagne.

Moyennes Annuelles - Kingston-NW et Kingston W
https://www.apocalypse.60n.eu/wp-content/uploads/2018/04/CRNM0102-RI_Kingston.ods

Quand on regarde les moyennes annuelles, nous voyons que les courbes sont bien corrélées à partir de 2009, ce qui suppose que les capteurs sont enfin bien réglés, mais surtout nous voyons la dérive progressive à la hausse de la température mesurée sur le site de Plains Road qui a subit une forte baisse de qualité selon les critères du WMO.

Nous avons ici un exemple de l'incapacité du NCDC-NOAA de maintenir les normes de qualité de données et de stabilité temporelle pour ces deux sites. Mais cet échec est un merveilleux laboratoire qui va nous permettre de mesurer l'effet « l'îlot de chaleur urbain » de cet exemple sur le taux d'accroissement de la température !

Moyennes Annuelles 2006-2017 Kingston NW et Kingston W
https://www.apocalypse.60n.eu/wp-content/uploads/2018/04/CRNM0102-RI_Kingston.ods

Et toc ! Si vous avez eu le courage d'aller jusqu'au bout de cet article vous pouvez constater que la taux d'augmentation de la température est 3,3 fois plus élevé ces 11 dernière années sur le site bétonné et goudronné de Plains Road que dans les champs ouverts de Peckham Farm !

Et là nous sommes avec des stations dotées de triple capteurs et sensées être parfaites ! Imaginer toutes ces stations qui, il y a 150 ans, étaient à la campagne et qui sont maintenant en pleine zone urbaine... La population mondiale a été multipliée par six depuis le début de l’ère industrielle, cela en fait du béton et du goudron !

Ce dernier petit graphique pour la fin et c'est une sacrée surprise ! Ce graphique montre la différence de température entre Plains Road et Peckham Farm, les températures de Peckham Farm, par saisons sur la période 2006-2018, étant soustraites de celles Plains Road. Le chiffre de l'année correspond à l'Hiver, les gradations intermédiaires entre deux années à printemps-été-automne.

Variation de l'effet îlot de chaleur en fonction des saisons
https://www.apocalypse.60n.eu/wp-content/uploads/2018/04/CRNM0102-RI_Kingston.ods

La première chose qui saute aux yeux, c'est que l'effet îlot de chaleur agit sur les températures minimum, le moins en hiver, de 0 à 0,5 °C, un peu plus au printemps et à l'automne mais le maximum en été, de 0,6 à 1 °C en plus ! Les températures minimum de Plains Road sont en accroissement notable depuis 2006.

L'analyse des températures maximum amène une autre surprise ! Celles de Plains Road, le site bétonné, sont très rarement plus élevées que celle de Peckham Farm et si c'est le cas, faiblement,  de 0,1 à 0,2 °C au printemps et à l'automne. Il n'y a pas d'effet d'îlot de chaleur sur les températures maximum l'été, au contraire !
Voir mon article précédent sur les événements extrêmes.

L'été depuis 2006, les températures maximum de Peckham Farm vont être supérieures de celles de Plains Road de 0 à 0,6 °C suivant les années sauf en 2017. Mon hypothèse, c'est que les variations de l'évapotranspiration et de l'albédo du couvert végétal autour des capteurs de températures de Peckham Farm sont dépendantes de ce qui est cultivé. Il n’empêche que ce n'est pas anodin non-plus et que TOUTES les activités humaines à coté des capteurs ont un impact important sur la mesure de températures !

Dans son troisième rapport (2001), le GIEC explique que l'effet îlot de chaleur urbain ne peut excéder 0,05 °C au niveau mondial ! Ce n'est pas ce que l'on peut constater avec les supers stations météo nouvelle génération USCRN de l'Université de Rhodes Island en l'espace de 11 ans ! 🙂

En guise de conclusion

Quelle est la part dans les 0,8 °C « mesurés » d'augmentation de la température de la Terre depuis 100 ans qui provient :

♦  de la variation naturelle du climat, celle qui provoque les cycles de glaciations et les déglaciations par exemple ?

♦  de celle, artificielle, provoquée par « l'îlot de chaleur urbain (ICU) » et des capteurs ou thermomètres mal positionnés, au minimum trois fois plus importante que la variation naturelle et qui touche plus de 90 % des mesures ?

♦  de celle, artificielle, provoquée par « les ajustements » pifométriques à sens unique des modèles mathématiques du NOAA et du Met Office ?

♦  et pour finir de celle, hypothétique mais néanmoins prônée « certaine à 97 % » par le GIEC, de l'effet du CO2 anthropique ?

Qui peut parler d'année la plus chaude de tout les temps - à 0,02 °C près - quand la précision des mesures de température n'est garantie qu'à ± 0,5 °C et que celle de la correspondance avec la réalité des température est de ± 1 °C dans le meilleurs des cas (hors tripatouillage des données historiques) ?

Merci d'être arrivé jusqu'ici 🙂

 

Événements extrêmes

 En traînant sur un vilain site pourvoyeur de fausses nouvelles, je suis tombé sur le tweet d'un japonais qui avait analysé les jours de canicule sur l'île de Hachijo de 1906 à 2017. Selon la théorie du CO2 anthropique, les températures globales sont supposées augmenter rapidement et nous devrions avoir d'avantage de «jours de chaleur» qu'il y a 50 ou 100 ans.

Île de Hachijo, à l'est de Tokyo, Japon

Cette île à l'est de Tokyo est un endroit protégé de l'effet « d'îlot de chaleur urbain » qui fausse les mesures des températures maximales. Et ce pourvoyeur de fausses nouvelles a osé dire qu'en regardant les 111 dernières années, la tendance du nombre de jours de plus de 30 ℃ à Hachijo de 1906 à 2017 «nie l'hypothèse du réchauffement climatique anthropique» et ne soutient pas le mythe d'un changement climatique généralisé par l'homme !

Horreur et putréfaction ! Mon sang n'a fait qu'un tour. Qu'en est-il de l'Arctique qui doit se réchauffer deux fois plus vite ?  J'ai immédiatement relu la Bible Verte pour me rassurer, le dernier rapport du GIEC (IPCC), l'AR5.

CHANGEMENTS CLIMATIQUES 2013 - Les éléments scientifiques - Résumé à l’intention des décideurs, Résumé technique et Foire aux questions

Quelques extraits du « Grand Livre des Prophéties » 🙂
P.9 « De multiples éléments indiquent que l’Arctique connaît un réchauffement très important depuis le milieu du XXe siècle »
P.17 « Il est probable que les forçages anthropiques ont contribué au réchauffement très important observé en Arctique depuis le milieu du XXe siècle »
P.20 « ...pour la période 2081–2100… L’Arctique se réchauffera plus rapidement que l’ensemble du globe et le réchauffement moyen sera plus important à la surface des continents qu’à la surface des océans (degré de confiance très élevé) »
P.73 «  Il est probable que les activités de l’homme ont contribué de manière significative au réchauffement très substantiel des températures à la surface des terres émergées dans l’Arctique au cours des 50 dernières années »
P.77 « Avec la connaissance des forçages climatiques externes du passé, les synthèses de données paléo-climatiques ont étayé l’amplification polaire, caractérisée par des variations des températures de l’Arctique plus importantes que la moyenne mondiale en réponse à des concentrations élevées ou faibles de CO2 »
P.182 « Les régions polaires illustrent bien la complexité des processus impliqués dans le changement climatique régional. Le réchauffement de l’Arctique devrait être supérieur à la moyenne mondiale... ».

Pas de doute. le GIEC l'affirme : l'Arctique se réchauffe plus que le reste du monde et « depuis le milieu du XXe siècle » !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Oscillation_atlantique_multid%C3%A9cennale

Le problème avec le climat, c'est qu'il y a tout plein d'oscillations de diverses natures qui viennent compliquer l'analyse des tendances. Il y a notamment El Niño et La Niña pour le Pacifique et l'Oscillation Atlantique Multi-décennale. Ces deux oscillations agissent sur le climat arctique. l'AMO a une période assez longue, entre 50 et 70 ans. Il est donc indispensable de trouver des enregistrements météos long (+ de 100 ans).

Pour que les mesures représentent correctement un signal, il faut que la la fréquence d’échantillonnage soit au moins le double de celle du signal (théorème de Shannon). C'est pour cela que les relevés des satellites qui ont débuté au début des années 80 peuvent voir des tendances là où il n'y a qu'une partie de cycle.

À Noter également que ces satellites en orbite basse dont la technologie change presqu'à chaque génération (compatibilité ?) ont une durée de vie courte et beaucoup de dérive orbitale. Cela impose des ajustements parfois plus important que le signal lui même !
Ajustement des mesures satellitaires (2018).

Il y a peu de stations ayant de longs enregistrements (+ de 100 ans) proche du cercle polaire arctique. La station de Sodankylä a des données de 1908 à nos jours.

Autour de l'Arctique, les longs enregistrements complets de stations météos au sol ne sont pas légion, mais coup de chance, il y en existe un en Finlande, celui de la station de Sodankylä. Ses enregistrements commencent en 1908, avec minima, maxima, moyenne et précipitation. Et bonheur complet, ce site, situé en pleine toundra, n'est pas soumis à la perturbation d’îlot de chaleur urbain !

Il ne reste plus qu'à récupérer les données à partir de l'Institut Royal Météorologique des Pays-Bas, simple et rapide, et dont les datas  sources sont celles du GHCND (NOAA). Un petit tripatouillage avec LibreOffice et quelques graphiques plus tard, la canicule de Sodankylä apparaît !
Les données et graphiques sont ICI

Nombre de jours de canicule à Sodankylä. La tendance est à la baisse de -2,2 jours par siècle.

En Finlande, la canicule débute à 25℃ et non pas 30℃ comme au Japon. J'ai pris cette température comme seuil car à Sodankylä, il n'y a eu que 35 jours supérieurs à 30℃ en 110 ans et 28 de ces 35 jours se sont produits avant 1975. La température la plus élevée mesurée depuis 1908 est de 31,7℃, le 7 juillet 1914 !

Et là il faut bien se rendre à l'évidence... le nombre de jours de canicule diminue à Sodankylä depuis 1908 ! La tendance est à la baisse : -2,2 jours en 100 ans pour une moyenne de 7,8 jours ! La prophétie du GIEC ne s'est pas réalisée. À Sodankylä, l'Arctique ne se réchauffe pas plus que le reste du monde depuis le milieu du XXe siècle et il n'y a pas d'avantage de «jours de chaleur» qu'il y a 50 ou 100 ans, au contraire, leur nombre diminue !

Température moyenne des jours de canicule à Sodankylä. La tendance est à la baisse de -0,5°C par siècle.

Mais qu'en est-il de la température moyenne des jours de canicule ? Est-elle en augmentation comme la prophétie du GIEC le suggère ? Enfer et damnation ! cette prophétie est vraiment de la daube, car là aussi, la tendance est à la baisse de 0,5℃ par siècle pour une moyenne de 26,6℃ ! Mais que font les sorciers experts du GIEC ! 🙁

Nombre de jours de canicule et température moyenne pendant la canicule. Il n'y a pas de corrélation apparente.

Avec ce dernier graphique, il est plutôt évident qu'il n'y a pas de corrélation entre le nombre de jours de canicule et la température moyenne des canicules sur les 110 ans de l'enregistrement. On peut voir également qu'il y a eu quatre années sans « jours de chaleur ».

Pour être complet dans la démarche de vérification des affirmations prophétiques des éminents sorciers experts du GIEC, voici le  graphique présentant les moyennes annuelles de Sodankylä depuis 1908.

Sur la période des 100 dernières années, la température de Sodankylä a progressé de 0,7°C, ce qui est dans la moyenne mondiale. On distingue nettement un cycle de 70 ans correspondant à l'AMO, l'Oscillation Atlantique Multi-décennale.

La tendance annuelle des 100 dernières année est de 0,7℃ d'augmentation, ce qui n'est pas d'avantage que la progression moyenne de la température de la Terre. On distingue très nettement un cycle d'environ 70 ans qui semble être corrélé à celui de l'AMO.

Il n'y a pas de variations de températures à Sodankylä plus importantes que celle de la moyenne mondiale, ni de réponse plus importante à une élévation de la concentration du CO2 . Encore une prophétie ratée !

100 ans de température mondiale à partir de la série HadCRUT 3 unadjusted - UK Met Office
http://www.woodfortrees.org/plot/hadcrut3gl/from:1918/to:2018/plot/hadcrut3gl/from:1918/to:2018/trend

L'article scientifique « Pairwise comparisons to reconstruct mean temperature in the Arctic Atlantic Region over the last 2000 years » de Sami Hanhijärvi et Atte Korhola (Department of Environmental Sciences, University of Helsinki) et de Martin P. Tingley (Department of Earth and Planetary Sciences, Harvard University), accepté et publié chez Springer-Verlag Berlin Heidelberg en février 2013, reconstruit la température moyenne de l'Arctique Atlantique des derniers 2000 ans.

Pairwise comparisons to reconstruct mean temperature in the Arctic Atlantic Region over the last 2,000 years
https://link.springer.com/article/10.1007/s00382-013-1701-4

Dans le résumé il est précisé : « La reconstruction (du climat) de l'Arctique atlantique présente, durant la période chaude romaine et celle de l'Optimum Climatique Médiéval, des températures qui sont comparables ou même plus chaudes que celles du XXe siècle et (présente) au milieu du XIXe siècle, juste avant le début de la récente tendance au réchauffement, les températures les plus froides (en 2000 ans) ».

Cela a le mérite d'être clair. Les températures les plus froides de l'Arctique atlantique des deux derniers millénaires se seraient produites il y a 170 ans environ. Le réchauffement de 0,7℃ depuis 100 ans à Sodankylä est plutôt une bonne chose et semble normal après les températures si souvent froides du dernier « Petit Age Glaciaire » qui a suivi « l'Optimum Climatique Médiéval ».

Les températures actuelles inférieures ou égales à celles de l'Optimum Médiéval ne confirment absolument pas une augmentation importantes des températures de l’Arctique en réaction aux concentrations plus élevées du CO2 (inférieures à 280 ppmv au moyen age et plus de 400 ppmv aujourd'hui).

La salle des prophéties au Ministère de la Magie, Harry Potter

Encore une prophétie des magiciens experts du GIEC qui tombe à l'eau !
Mais que fait Harry Potter ? 97% des élèves de Poudlard font des fausses prophéties 🙂

 

 

La faim blanche

J'ai lu le mois dernier « La faim blanche », de Aki Ollikainen. Cet écrivain finlandais décrit un épisode terrible et méconnu de la proto-histoire de la Finlande qui était alors le Grand Duché de Finlande et appartenait à la Russie. Pendant les années 1866 à 1868, 270 mille finlandais sont morts, pour l'essentiel de faim et de maladies, sur une population totale de 1.7 millions d'habitants.

Dans cette sépulture repose 400 victimes de faim et de maladie de la Grande Famine de 1867-1868

Alors que l'épisode de la famine qui a touché l'Irlande quelques années plus tôt s'est traduite par une révolution, la Grande Famine, telle désignée par les finlandais, a été vécue comme un acte divin inéluctable, Luther oblige, et pourtant..

Si les conditions météorologiques qui ont provoqué cette pénurie alimentaire sont bien réelles, elles ne sont pas exceptionnelles au regard de cette période de fin du petit Age Glaciaire. Ce sont les décisions politiques des dirigeants fennomanes de l'époque qui ont aggravé, si ce n'est provoqué, cette catastrophe humanitaire.

Au début du XIX siècle, l'agriculture au Grand Duché de Finlande, russe depuis 1809, est principalement le fait de petits agriculteurs indépendants, les grandes exploitations sont rares. Mais en 50 ans, la population va doubler et les exploitations vont devenir plus grandes avec d'avantage d'ouvriers agricoles, sans terre.

Un gel soudain à la fin de l'été va être la cause récurrente de l'échec des récoltes dès 1856. À partir de cette date, il n'y a pas d'années sans perte de récolte quelque part dans le pays et la mortalité augmente localement à chaque fois.

Le prolétariat rural sans terre n'a aucun moyen de se procurer des vivres par lui-même, et dépend des fermiers. Sans embauche, les ouvriers n'ont d'autre choix que de devenir mendiants et/ou voleurs. Quant aux nombreux petits agriculteurs touchés par la perte des récoltes, ils hypothèquent leurs exploitations pour acheter des semences pour les semis de l'année suivante.

Johan Vilhelm Snellman, qui a désindexé le mark finlandais du rouble.

J.V. Snellman, sénateur et activiste fennomane, « ministre des finances » du Grand Duché de Finlande est le principal responsable de la catastrophe qui va suivre. Il met en place une réforme monétaire pour rendre le mark finlandais indépendant du rouble et le lie à l'étalon-argent en 1865.

Une déflation va suivre ce changement monétaire. Les agriculteurs ont plus de difficulté à rembourser leurs dettes alors qu'ils obtiennent des prix plus bas pour leurs produits. Ils n'ont pas d'autre choix que de licencier leurs ouvriers et de vendre des parts de leur exploitation pour payer leur hypothèque.

En 1867, la récolte a été perdue partout dans le pays, sauf dans les régions côtières et en Laponie. Les autorités ne réalisent pas rapidement ce qui se passe. Et Snellman ne veut pas « gaspiller » d'argent pour importer des céréales parce qu'il pense que cela met sa réforme monétaire en péril.

Quand finalement il emprunte de l'argent, il est trop tard, les céréales sont devenus rares et chères. L'hiver arrivé tôt en 1867 et les mers gelées empêchent la venue de l’approvisionnement par la mer et par la terre, c'est très difficile. Il faut 14 jours pour rallier Saint-Pétersbourg à Turku en diligence (550 km).

Avec une rigueur luthérienne, les autorités ne veulent pas distribuer les secours aux affamés sans contre-parties pour ne pas encourager la « paresse parmi les classes inférieures » (comme avec la Grèce récemment !). « La famine retranche à la nation ses éléments les plus faibles, comme le jardinier élague les mauvaises branches d’un pommier ! »  (Snellman).

Famille mendiante sur la route. Peinture de Robert Wilhelm Ekman de 1860.

Dès l'automne de 1867, les affamés commencent à fuir leurs régions d'origine et les routes deviennent noires de monde. Une foule interminable et malade, s'est mise en route vers le sud du pays dont les récoltes sont relativement indemnes. Les autorités essayent d'arrêter cet exode et renvoient les gens dans leurs régions, mais en vain.

Comme solution miracle, le gouvernement invente les « fabriques » locales, sorte d'hospice des pauvres, dont le but est de fournir de la soupe en échange de travail. Il y a tellement de pauvres qui s'y entassent qu'elles ressemblent à des camps de concentration. Les maladies y sont virulentes. En avril et mai 1868, le nombre de décès explose, il est cinq fois plus élevé que les naissances.

Les fabriques, où les affamés fabriquaient leur propres cercueils contre de la soupe.

Pendant cette seule année, 138 mille personnes sont mortes en Finlande, soit 7,7% de la population. À l'automne, le nombre de décès baisse et les épidémies également, après avoir fait des ravages. La récolte de céréales est bonne, ce qui met définitivement fin à la Grande Famine de Finlande.

Le climat en Finlande au 19ème et 20ème siècle

Il n'y a que 2 enregistrements longs des températures moyennes mensuelles en Finlande qui permettent de connaître le climat autour et pendant la période de la grande famine. Il n'y a pas eu de grandes éruptions volcaniques dans la région à cette époque qui auraient pu expliquer une modification soudaine du climat. (fichier source des données et graphiques)

La station météo de Helsinki-Seutula a un enregistrement de 1829 à 2013. La station suédoise de Haparanda située à la frontière de la Finlande au bord de la Baltique (proche du cercle polaire) a un enregistrement de 1860 à 2009. Les hypothèses qui tentent d'expliquer les variations climatiques de l'ère préindustrielles sont principalement liées à la variabilité orbitale de la terre provoquée par la masse des grandes planètes (cycle de Milanković). Elles agissent également sur l'activité solaire (cycle de Swabe).

Hiver météo : décembre n-1, janvier n, février n

Sur ces graphiques des hivers météorologiques (décembre-janvier-février) de Haparanda et d'Helsinki, ceux de la période 1860-1870 ne sont pas exceptionnellement froids. A remarquer que la tendance depuis 1930, est au refroidissement ( -0,6°C/siècle Hki., -0,3°C Hap.)

Printemps météo :  mars - avril - mai

Le printemps de 1867 (mars-avril-mai) est le plus froid de toute la période de mesure aussi bien à Helsinki qu'à Haparanda. A noter une hausse continuelle de la tendance de 2°C environ par siècle sur toute la période de mesure.

Été météo : juin - juillet - août

Sur la période de mesure, l'été 1867 est très froid au nord en mai et juin, ce qui retarde les plantations, mais il n'est pas le pire au sud. La tendance depuis 1930 est à la stabilité des température de mai-juin-juillet.

Automne météo : septembre - octobre - novembre

À part août et septembre 1867 qui sont un peu plus frais que la moyenne de la période 1860-1891, les automnes météos de 1866 à 1868 ne se distinguent pas particulièrement. A noter une forte baisse de la tendance linéaire des température de -1,1°C sur Helsinki et de -0,5°C sur Haparanda à partir de 1930. Le refroidissement de l’automne et de l'hiver, le réchauffement du printemps et la stabilité de l'été me fait penser à une arrivée plus précoce des saisons. Ou pas 🙂

Comparaison Helsinki-Haparanda / Moyenne 1860-1891

À part le printemps exceptionnellement froid de 1867 et un été froid dans le nord de la Finlande, cette période de fin du Petit Age Glaciaire ne se distingue pas énormément de la période 1860-1891.

C'est bien la prolétarisation de l'agriculture ajouté à l’égoïsme des gros propriétaires terriens, le tout aggravé par les décisions politiques et monétaires bornées du gouvernement fennomane, qui ont favorisé ces conséquences dramatiques pour la population finlandaise...
... Et non pas la fatalité climatique divine !
🙂

J'ai réalisé les graphiques à partir des données météo accessibles de l'Institut royal météorologique des Pays-Bas qui fait partie de l'European Climate Assessment & Dataset project.

Reconstitution de la température de l'arctique.
https://tuhat.helsinki.fi/portal/en/publications/pairwise-comparison(68eef230-faef-4888-a0ca-8bc6a46edf5a).html

J'ai également joint ce graphique extrait de l'article scientifique « Pairwise comparisons to reconstruct mean temperature in the Arctic Atlantic Region over the last 2,000 years » de Sami Hanhijärvi, Martin P. Tingley et Atte Korhola. Ce graphique est une reconstruction multi-proxies du climat de l'Arctique des derniers 2000 ans.

La Grande Famine - Températures reconstituées multi-proxies

J'ai utilisé l'écart par rapport à la moyenne (anomalie) des températures de la période mesurée plutôt que la valeur réelle. Cela revient au même, mais cela montre en degrés l'écart réel par rapport à la moyenne sur cette période. Seul le graphique et le tableau qui compare les températures mensuelles d'Helsinki et d'Haparanda de 1860 à 1870 utilisent les valeurs mesurées.

Ci dessous les cycles de Schwabe reconstitués qui indiquent l'activité solaire à partir du nombre de taches. La période 1866-1868 est une période de très basse activité entre les cycles 10 et 11, au minimum de la courbe.

Les cycles 10 à 13 des taches solaires. Reconstruction des cycles 10 et 11

See you later, comme dirait notre défenseur de la francophonie 😉