La végétation et le CO2

Après ma précédente cogitation sur notre absence de fourrure naturelle, mes neurones n'étaient pas encore repus. Le sapiens sapiens tropical est né sans poil dès l’origine et il n'a survécu au froid que grâce à ses travaux de couture. Qu’en était-il du besoin réel en CO2 des plantes à feuilles qui sont nées des millions d’années plus tôt et qui ont failli se sentir très mal à la fin du Pléistocène ?

La Rubisco est l'enzyme clé qui fixe le CO2 dans la biomasse végétale en le transformant en sucre et en hydrate de carbone grâce à l'énergie solaire. Elle est la protéine la plus abondante sur Terre. Sans CO2 ni H2O ni soleil, il n’y aurait pas la vie telle qu’on la connaît aujourd’hui. Le CO2 n’est pas un polluant, il est vital ! J’ai donc recherché quel était le taux de CO2 aujourd’hui le plus favorable à la photosynthèse…

Surprise !

Les plantes maraîchère (tomate, concombre, fraise, etc..) par exemple se sentent bien entre 1000 à 1300 ppmv de CO! Eh oui, quand les plantes sont apparues pendant le Dévonien il y a 400 millions d'années, le taux de CO2 n’était pas celui du Pléistocène ni de l’Holocène ! Les plantes se sont tellement développées qu'elles l'ont fait chuter drastiquement de 3000 ppmv à 1000 ppmv ! À la fin du Carbonifère le taux était descendu à un niveau comparable à celui d'aujourd'hui. Il est ensuite remonté au même niveau qu'au Dévonien pour diminuer progressivement jusqu'à son minima à la fin du Pléistocène.

Paramètre RCO2 en fonction du temps depuis 600 millions d'années.
Ce paramètre est défini comme le rapport entre la masse de CO2 atmosphérique à un temps donné du passé sur la masse actuelle (valeur préi-ndustrielle de 300 ppmv).
http://planet-terre.ens-lyon.fr/article/co2-depuis-4ga.xml

L’avantage d'un plus fort taux de CO2, c’est que pour absorber le carbone, les plantes ouvrent moins leur stomates ce qui réduit fortement l'évapotranspiration.  Elles perdent moins d’eau, ce qui veut dire moins d’arrosage. Le seuil de 500 ppmv semble être un minimum pour celles qui en ont le moins besoin.
Le gaz carbonique dans les serres, ministère de l'agriculture, Ontario (2004)

Et l’Europe dans tout ça ? Le gaz carbonique c’est caca ou c’est bon ?
Ahhhh, c’est bon aussi !
Les bénéfices du CO2 dans les serres, CORDIS, Commission européenne (2014)

Alors, un doublement hypothétique du taux de CO2 atmosphérique d’ici la fin du siècle (400 ppmv en 2017), c'est bon où mauvais pour nourrir une population mondiale qui passera de 7.6 milliards à 11.2 milliards d’habitants ? C’est combien l’augmentation du rendement ? 30 % ? 50 % ? Le CO2 ne devient légèrement toxique qu’à partir de 6000 ppmv (15 fois plus qu’actuellement) et mortel à 40000 ppmv (100 fois).
L'actualité mondiale, juin 2017, ONU info

Evolution des paramètres climatiques

Source CNRS. Evolution des paramètres climatiques enregistrés dans la carotte de Vostok (d’après Petit et al., 1999)
a) rapport isotopique de la glace. L’amplitude des variations de D correspond à un changement de température d’environ 10°C.
b) CO2 et c) CH4, gaz à effet de serre
d) 18O de l’air piégé
e) Evolution du volume de glace ou niveau marin. Les stades isotopiques indiqués correspondent à des climats interglaciaires pour lesquelles une numérotation impaire est toujours utilisée
f et g) Aérosols marins (Na) et terrigènes
Aucun outil de datation absolu n’existant à cette échelle de temps dans la glace, la chronologie relative de Vostok a été calée sur celle des variations de l’isotope marin (courbe “e”) à deux époques : 110 ka et 390 ka par analogie entre les deux signaux. Entre ces deux repères, la chronologie est obtenue par modélisation de la calotte glaciaire.
http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosclim1/rechfran/4theme/paleo/gdeimghtml/A29.html

Juste une remarque en passant sur le forçage du CO2

Le cycle des transitions glaciaires-interglaciaires est le plus souvent attribué aux changements d'insolation induits dans les hautes latitudes terrestres par les variations orbitales de la Terre.  Ces variations orbitales étant relativement faibles, une rétroaction amplificatrice serait alors nécessaire pour expliquer l'importance du changement climatique glaciaire-interglaciaire, le CO2 et son « effet de serre » étant pour le GIEC le coupable idéal.

Les experts de l'IPCC (GIEC) ont établi leur théorie d'amplification de la température de la Terre par l'augmentation du CO2 à partir des analyses des carottes de glace prélevées dans l'Antarctique. Celle du forage de Vostok, effectuée par Petit, Jouzel et al. (1999) va servir de « preuve » dans le film de propagande documentaire catastrophe d'Al Gore, « une vérité qui dérange » (2005) qui contient, entre autre, 9 contre-vérités scientifiques !

Gore et le GIEC obtiendront malgré tout le prix Nobel de la paix en 2007. Jouzel, notre héro climatique distingué national, expert du GIEC depuis 1994 et vice-président en 2002, se la joue prix Nobel de la paix à la télé et sur wikipedia... Ce n'est pas beau de mentir Pinocchio, c'est le GIEC qui a obtenu le prix, pas son vice-président ! 😉

À noter que le président du Giec, l'Indien Rajendra Pachauri a un doctorat en génie industriel et en économie. Après avoir travaillé dans les chemin de fer indiens il passe sa thèse de doctorat en 1974 au USA : « Un modèle dynamique pour la prévision de la demande d'énergie électrique dans une région spécifique située en Caroline du Nord », ce qui bien sûr montre sa totale incompétence en climatologie et le désigne parfaitement pour diriger le GIEC 🙂

Al Gore et le GIEC reçoivent le Nobel de la Paix 2007
http://www1.rfi.fr/sciencefr/articles/096/article_60115.asp

Que dit cet article scientifique sur le forage de Vostok : « Les concentrations atmosphériques de CO2 et de CH4 sont bien corrélées avec la température de l'air de l'Antarctique pendant les derniers 420 mille ans. Les concentrations actuelles de ces deux gaz à effet de serre semblent sans précédent pendant cette période ». L'eau froide à 0°C absorbant deux fois plus de CO2 qu'à 20°C, les experts attribuent une grande partie des variations du CO2 dans l'atmosphère au dégazage ou au stockage de celui-ci dans les océans profonds. Cependant, les mécanismes exacts et leurs contributions ne sont pas connus.
Histoire du climat et de l'atmosphère des 420 000 dernières années du glacier de Vostok

Mais un petit détail n'a pas échappé à quelques scientifiques pointilleux. Le CO2 augmente bien, mais après un retard de 800 à 1000 ans sur la température. Les océans et les mers couvrent 71% de la surface terrestre et contiennent 1,4 milliards de km3 d'eau ce qui fait une sacrée bouilloire à chauffer ! Déterminer le retard avec précision est crucial pour comprendre les mécanismes en jeu.

Mais comment alors expliquer l'augmentation actuelle de la température induite par l'accroissement du taux de CO2 depuis le début de l'ère industrielle... s'il ne doit agir que 800 ans après ?
Bonne question, non ?

Lors de la dernière déglaciation, de -19 à 11 mille ans BP (before present), la température de l'Antarctique a augmenté de 10°C et le CO2 de 80 ppmv avec un retard de 400 ans indiquant un couplage plus rapide - Tightened constraints on the time-lag between Antarctic temperature and CO2 during the last deglaciation .  En 1850, au début de l'ère industrielle, le taux de CO2 était de 280 ppmv. En 1995, 145 ans plus tard, le taux atteint 360 ppmv, avec 80 ppmv également de plus, pour un accroissement de 0.6°C seulement de la température moyenne mondiale !

Et c'est là le deuxième petit détail qui pose problème : « 8000 ans, 10°C, 80 ppmv , retard de 400 ans » versus « 145 ans, 0.6°C, 80 ppmv, immédiat ». De quelques manières que l'on tourne le problème, il n'est pas simple de trouver quelconque mécanisme amplificateur à géométrie variable qui pourrait expliquer ce binz !

Et comme l'absorptivité de la bande infra-rouge du CO2 est presque saturée à 180 ppmv, il est assez vraisemblable que la contribution du CO2 à l'élévation de la température lors de la dernière déglaciation doit être assez proche de 0.6°C sur le total des 10°C constatés dans les forages de l'Antarctique.

http://www.lmd.jussieu.fr/~jldufres/IUFM_Creteil/Dufresne_bil_serre_terre.pdf

Quand on compare le taux de CO2 avec la courbe de température HADCRUT4 qui est une des références pour l'IPCC (GIEC) et dont ont peut constater par ailleurs, sur le site du MET, que les données brutes sont « pondérées » pour coller à la théorie climatique actuelle, il est difficile de discerner de 1850 jusqu'en 1978 (69% des 80 ppmv), une corrélation indiscutable avec le CO2.

On remarquera que la température moyenne mondiale varie à la hausse et à la baisse assez fortement tous les 32-33 ans, mais pas le CO2 . Il y a une tendance générale à la hausse, depuis la fin du Petit Age Glaciaire qui coïncide également avec le début de l'ère industrielle (0.6°C au XXème siècle). C'est plutôt rassurant.

http://www.woodfortrees.org/plot/hadcrut4gl/from:1850/to:1995/plot/hadcrut4gl/from:1850/to:1880/trend/plot/hadcrut4gl/from:1880/to:1912/trend/plot/hadcrut4gl/from:1912/to:1944/trend/plot/hadcrut4gl/from:1944/to:1976/trend/plot/hadcrut4gl/from:1976/to:1995/trend

http://cycleducarbone.ipsl.jussieu.fr/index.php/visiteurs/des-faits-marquants/24-augmentation-plus-rapide-du-co2-dans-l-atmosphere

Questions :

Quels est l'effet 94 fois plus puissants que l'absorption des infra-rouges par le CO2 qui a accéléré la température de l'Antarctique de 9.4°C entre -19000 et -11000 ans BP ? Le CO2 qui n'ajoute que 0,6°C ou guère plus dans l'équation des 10°C, ne peut expliquer à lui tout seul la fin de la dernière glaciation. Bonne question, non ? Si l'on raisonne à l'envers et que l'on applique le taux de l'ère industrielle à l'accélération de la déglaciation, la température aurait du augmenter de 33°C et non de 10°C, avec une augmentation de 4400 ppmv du taux de CO2 !

Comme les modèles climatiques de l'IPCC ne prennent pas en compte ces « petits détails insignifiants », peut-on croire qu'ils soient autre chose que du branlage de nœud à plusieurs milliard de $ pour le contribuable, sachant que le climat est dit chaotique et que la moindre minuscule erreur de paramétrage d'un modèle mathématique suffit à rendre son résultat caduque ?

GIEC AR5 - Résumé à l’intention des décideurs - 2013 - Les meilleures estimations du forçage radiatif net sont présentées sous la forme d’un losange noir avec les intervalles d’incertitude
correspondants; les valeurs numériques sont fournies sur la droite de la figure de même que le degré de confiance (TÉ – très élevé, É - élevé, M - moyen, F - faible, TF – très faible)
https://www.ipcc.ch/pdf/assessment-report/ar5/wg1/WG1AR5_SPM_brochure_fr.pdf

Aller, pour rire, regardez la ligne sur le forçage « Naturel ». Il n'y a que « Changements d'éclairement énergétique du soleil » et c'est pouième. La vapeur d'eau, principal gaz à effet de serre n’apparaît pas dans ce tableau ! Par contre le CO2, il n'y en  a quasiment que pour lui...

La Royal Astronomical Society (juillet 2015) n'est pas d'accord avec cette approche et pense que nous allons vers un nouveau minimum de Maunder, celui qui a été responsable pendant le Petit Age Glaciaire des famines qui ont eu pour conséquence notamment en France de provoquer... la Révolution Française !

Les chasseurs dans la neige (Pieter Brueghel l’Ancien)
https://www.climato-realistes.fr/vers-un-nouveau-minimum-de-maunder/

https://www.nature.com/articles/srep15689

Mais d'autres spécialistes du soleil vont encore plus loin. Des adorateurs du seul vrai Dieu, Rê - Inti sans doute ! En analysant les cycles solaires reconstitués du passé, ils en déduisent... que le nouveau minimum de Maunder pourrait provoquer un refroidissement global entre 2050 et 2250 !

Inti et Rê
https://www.earth-syst-dynam.net/7/583/2016/esd-7-583-2016.pdf

Ce n'est que la prévision d'un modèle empirique, avec toutes les limites de ce genre d'exercice, plus proche du doigt mouillé que de la preuve scientifique. Mais un nouveau cycle de glaciation serait plutôt mal venu pour les 9.8 milliards d'habitants prévu par l'ONU en 2050. La politique énergétique verte actuelle, sans énergie fossile ni nucléaire, va montrer vite ses limites pour nous réchauffer le cul si ça pèle un max ! Va falloir songer à réapprendre à coudre les peaux de bêtes...
How to enjoy an ice age 🙂

Ötzi, l'homme des glaces
http://www.iceman.it/en/the-iceman/